Cette affaire noircit considérablement l'image d'Athènes[136]. Celle-ci se termine par un départ précipité des Macédoniens. Après la campagne d'Alcibiade, Abydos demeure la seule cité de la région encore aux mains des Spartiates mais, sur le plan diplomatique, les Athéniens échouent à détacher les Perses de leur alliance avec Sparte[195]. Les Athéniens y envoient une flotte pour s'opposer à Syracuse, alliée de Sparte, et créer une diversion. Des renforts sont envoyés sous le commandement de Démosthène qui tente de donner l'assaut à la ville: c'est un échec. La mort de Périclès, en 429, laisse le corps civique athénien orphelin. Les deux camps, épuisés et désireux de récupérer les possessions respectives perdues, entament des négociations durant l'hiver 422-421. Tout oppose Athènes et Sparte, la première étant une démocratie et une puissance marchande, dotée d'une incroyable flotte de guerre; la seconde étant une oligarchie,… Sur son auteur cependant, nous n'avons que peu de renseignements. Ils ne se rendent pas pour autant maîtres de la région car ils sont défaits par les Chalcidiens à la bataille de Chalcis[69]. Les troupes lacédémoniennes dévastent à nouveau l'Attique au printemps 430, cette fois-ci durant quarante jours et sur une plus large zone[66], puis aux printemps 428, 427, celle-ci causant de grands ravages, et 425, cette dernière invasion ne durant que quinze jours en raison de l'attaque athénienne sur Pylos[67]. Du côté athénien, le principal négociateur est Nicias (d'où le nom de la paix). Les démocrates se réunissent atour de Thrasybule, qui a pu s'enfuir à Thèbes. L'affaire de Mégare : à peu près à la même période que l'affaire de Potidée, Mégare, cité aux portes de l'Attique mais membre de la ligue du Péloponnèse, se voit interdire l'accès aux marchés de l'Attique et aux ports de la ligue de Délos. La trêve est ensuite respectée jusqu'à son terme. A partir de 413, les Spartiates occupent en permanence le sol de l'Attique, pouvant le ravager systématiquement. De plus, la paix de Nicias n'engage pratiquement que Sparte face à Athènes et à ses alliés. En juillet, ils essaient de s'emparer de Mégare avec la complicité de son nouveau régime démocratique, mais la cité est secourue juste à temps par le général spartiate Brasidas et l'oligarchie est restaurée[109]. L'excès de confiance d'Athènes la pousse ensuite à s'engager sur un nouveau front sans avoir assuré ses arrières et, de plus, pour combattre la cité démocratique de Syracuse, ce qui affaiblit son message idéologique de lutte contre les oligarchies[236]. Des parallèles avec la guerre du Péloponnèse ont été établis par des hommes d'État, des militaires et des universitaires à l'occasion d'événements cruciaux du XXe siècle, comme pour expliquer les causes de la Première Guerre mondiale et surtout lors de la guerre froide pour comparer la rivalité opposant alors le bloc de l'Ouest à celui de l'Est avec celle ayant conduit à l'affrontement les ligues de Délos et du Péloponnèse[6]. Cependant, elle ne peut rester longtemps loin de ses bases arrières à cause des difficultés du ravitaillement. Le conflit change radicalement la vision qu'avaient les Grecs de la guerre. Les Spartiates refusent de réduire en servitude Athènes en rappelant le rôle qu'elle a joué pendant les guerres médiques, mais surtout pour que la cité serve de contrepoids à Thèbes, dont ils se méfient[213]. La guerre du Péloponnèse, « la plus grande crise qui ébranla les Grecs et une partie des Barbares » selon l’expression de Thucydide (I. Une guerre civile éclate en 435 à Épidamne menant à l'expulsion des oligarques de la cité, qui se mettent à pratiquer le brigandage. Sthénélaïdas, un éphore, appelle quant à lui au conflit en mettant en avant les provocations athéniennes et l'honneur spartiate. L'érudition de Victor Davis Hanson est aussi reconnue même si les parallèles qu'il fait entre l'Antiquité grecque et l'époque moderne sont plus controversés[18]. En outre, Athènes dispose d'une armée terrestre d'environ 30 000 hommes. Cependant, les objectifs initiaux vont être rapidement dévoyés. Le roi Agis II décide d'envahir l'Argolide pendant l'été 418. Bien que plus avantageuse que celle faite en 410, cette offre est encore rejetée par Athènes sur l'incitation du démagogue Cléophon[207]. Séduisant, intelligent, il parvient à gagner une influence incontestable sur le démos. Thucydide est né entre 460 et 455 dans une famille aisée du dème d'Halimonte. Prévenu à temps, il se réfugie auprès de Tissapherne[173] vers octobre 412 et devient son conseiller[174]. Les responsables de la révolte, au nombre d'environ un millier, sont toutefois mis à mort[88]. Les Quatre-Cents, incapables de rétablir la situation et divisés en factions, sont à leur tour renversés quatre mois après leur coup d'État par des hoplites, qui remettent le pouvoir aux Cinq-Mille, corps composé de tous les citoyens capables de se payer l'équipement d'hoplite[185]. Les Athéniens font de Samos leur principale base navale en mer Égée et parviennent à garder le contrôle de Lesbos[170]. En 416, elle se décide à intervenir militairement en envoyant une expédition de 3 500 hommes chargée de soumettre l'île[136]. La même année, Potidée, colonie de Corinthe, faisant partie de la ligue de Délos, se révolte contre Athènes. Les Lacédémoniens sont incapables d'imposer à Athènes un long siège, n'ayant aucun savoir-faire en poliorcétique et ne possédant pas de ressources financières et matérielles suffisantes pour s'implanter durablement hors de leurs bases[52]. La révolte de Skionè est brutalement réprimée par Athènes, tous les hommes étant mis à mort et toutes les femmes et les enfants vendus comme esclaves après sa capitulation pendant l'été 421[122]. Les Corcyréens appellent à l'aide Athènes qui, après un débat devant l'ecclesia, envoie un corps expéditionnaire qui ne peut cependant empêcher Corcyre de subir une lourde défaite en septembre 433. Dès son arrivée, Démosthène met au point un plan visant à reprendre le plateau des Épipoles. La cité fonde en 478 une ligue défensive avec ses alliés, pour se protéger contre une éventuelle nouvelle offensive des Perses : la ligue de Délos. Athènes, si elle ne retrouve plus sa position dominante, parvient tout de même à maintenir son statut de cité de poids dans le monde grec avec un régime politique fondé sur la réconciliation, une loi d'amnistie générale interdisant même sous peine de mort de rappeler les fautes passées[218]. À côté de pertes humaines impossibles à chiffrer exactement, mais se comptant en centaines de milliers d'individus, et de pertes matérielles très lourdes elles aussi, la Grèce semble perdre aussi son « énergie intellectuelle » et subit un grave traumatisme psychologique associé au sentiment d'une grandeur perdue[225]. À Patras, utilisant une stratégie inédite, Phormion tourne autour de la flotte adverse formée en cercle en rétrécissant progressivement ces tours pour semer le désordre à la levée du vent[81]. L'année 425 est néanmoins marquée par un succès athénien: le stratège Démosthène parvient à enfermer 420 hoplites spartiates dans l'île de Sphactérie. Pendant l'hiver 407-406, alors que les deux flottes s'observent, Alcibiade laisse provisoirement le commandement à son ami Antiochos pour assister au siège de Phocée. Les troupes athéniennes débarquent devant Potidée pendant l'été 432 et battent les Potidéens et des renforts envoyés par Corinthe avant de mettre le siège devant la cité[41]. Sparte dispose de l'armée terrestre la plus expérimentée de Grèce. Les Athéniens envoient vingt trières mais ne mènent aucune action décisive en dehors de la prise, éphémère, de Messine. De plus, Athènes utilise les prisonniers spartiates comme otages en menaçant de les exécuter en cas de nouvelle invasion de l'Attique, une menace efficace puisque ces invasions cessent de fait jusqu'en 413[103],[104]. Les Athéniens sont galvanisés par la victoire de Sphactérie, qui est suivie par quelques succès mineurs, et, pour la première fois de la guerre, ils semblent très proches de remporter la victoire[107]. Sparte parvient à s'emparer du fort de Pylos pendant l'hiver 410-409 mais, quelques mois plus tard, l'invasion de la Sicile par les Carthaginois pousse Syracuse à retirer son soutien naval aux Spartiates[192]. Athènes a perdu les deux tiers de sa flotte et n'a presque plus d'argent pour maintenir son empire. Mais l'attaque spartiate sur Pylos échoue en raison du retour de la flotte athénienne, et les 420 hoplites, dont 180 appartiennent à l'élite spartiate, se retrouvent piégés sur Sphactérie[98],[99]. Il menace ainsi de couper la principale voie du ravitaillement en grain d'Athènes et oblige les Athéniens, désormais le dos au mur, à passer à l'offensive[187]. Alcibiade, sachant que son association avec Tissapherne n'est que temporaire, prend contact avec les stratèges athéniens de Samos, et notamment Thrasybule, afin de préparer son retour en grâce en leur promettant que les Perses passeront dans leur camp si Athènes change de régime politique. Cyrus réclame quant à lui le retour de Lysandre comme condition du maintien de son soutien. La guerre du Péloponnèse s'est terminée par la victoire de Sparte. La guerre du Péloponnèse est le conflit qui oppose la ligue de Délos, menée par Athènes, et la ligue du Péloponnèse, sous l'hégémonie de Sparte. Après un siège de deux ans et demi, les Athéniens obtiennent enfin la reddition de Potidée pendant l'hiver 430-429, malgré la mort d'un quart des 4 000 hoplites assiégeant la cité en raison de la propagation de l'épidémie frappant Athènes[78]. La Pentécontaétie (50 ans : 480-430) voit la montée des tensions entre les deux cités. La guerre du Péloponnèse, qui a commencé en 431 avant JC, a duré un total de 27 ans, avec une trêve de six ans quelque part au milieu de cette période, et se termine par la remise d'Athènes en 404 av. Cette mesure, prise par l'assemblée sous le coup de la colère et regrettée par la suite, prive Athènes de ses commandants les plus expérimentés[206]. Après une écrasante victoire de Corcyre, Corinthe, faisant partie de la ligue du Péloponnèse, prépare sa revanche. C'est alors qu'Alcibiade, entré peu de temps auparavant dans l'arène politique et poussé par son ambition immodérée, réussit par ses talents de diplomate, et contre l'avis de Nicias, à persuader Argos, Élis et Mantinée de signer avec Athènes une alliance défensive pour cent ans. La guerre d'Archidamos, ou guerre des Dix Ans, est appelée ainsi du nom d'Archidamos II, roi de Sparte[50]. Au début du conflit, les troupes de la ligue du Péloponnèse sont évaluées aux alentours de 40 000 hoplites contre 13 000 pour la ligue de Délos, auxquels il faut ajouter 12 000 Athéniens mobilisables[51]. Cependant, les négociations de paix entamées par Sparte sur la base d'un retour à la paix de Trente Ans échouent en raison des conditions draconiennes imposées par Cléon[100]. Croix[14]. En août, la bataille de Mantinée oppose Sparte à la coalition formée par Argos et Mantinée et aux renforts athéniens. La guerre du Péloponnèse oppose les deux cités les plus importantes de cette époque, Athènes et Sparte, et leurs alliés. En octobre et novembre 411, les stratèges athéniens Thrasybule et Thrasylle remportent sur Mindarus des victoires navales à Cynosséma, victoire étriquée mais qui redonne confiance aux Athéniens[188], et à Abydos.