Article 14 : Les biens des Rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République ; il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui seront demeurés fidèles à la patrie des pertes qu'ils auraient souffertes. Pendant ce temps, des combats ont également lieu au nord de la Loire, mais ils tournent à l'avantage des patriotes[58]. C'est un nouveau massacre : 3 000 à 7 000 Vendéens sont tués au combat ou exécutés sommairement, les républicains n'ont que 30 morts et 200 blessés. 2020 - Découvrez le tableau "Guerre de vendée" de chrisophe sur Pinterest. La Vendée et encore la Vendée, voilà le chancre qui dévore le cœur de la République. Les Vendéens espèrent en effet trouver des troupes anglaises dans le port normand. Les fusillades de Nantes font 2 600[158] à 3 600 victimes[155]. En mars 1793, une dizaine de départements du nord-ouest de la France sont secoués par une vaste insurrection paysanne contre la levée en masse : la Vendée, la Loire-Atlantique (à l'époque Loire-Inférieure), le Maine-et-Loire (à l'époque Mayenne-et-Loire), le Morbihan, les Deux-Sèvres et plus partiellement la Mayenne, l'Ille-et-Vilaine, les Côtes-d'Armor (à l'époque Côtes-du-Nord), le Finistère et la Sarthe[28]. Parfois, les membres de la Commission civile et administrative créée à Nantes pour récupérer vivres et bétail au profit des Bleus, accompagnent les armées, ce qui permet d'épargner des vies et des localités. Convaincus que les généraux vendéens ne cherchent qu'à gagner du temps, les représentants en mission envisagent de lancer une vaste opération pour les faire arrêter, mais ils doivent renoncer par manque de troupes[245]. Il propose de protéger les côtes des Anglais, d'encercler et de quadriller le territoire insurgé en utilisant des camps fortifiés comme points d'appui, de gagner la confiance des habitants et enfin de n'attaquer que les rassemblements des rebelles. Victorieux, Chalbos reprend La Châtaigneraie, mais il l'abandonne le 24 mai lorsque l'Armée catholique et royale, reformée dans le bocage et désormais forte de plus de 30 000 hommes, revient le 25 devant Fontenay-le-Comte pour se venger de sa défaite. La carte des combats Charette n'a guère qu'un millier d'hommes et le 1er mars il tente sans succès de prendre La Roche-sur-Yon. Le 29 avril, le général républicain Henri de Boulard sort de La Mothe-Achard avec plus de 1 600 hommes et disperse les forces de Joly à Beaulieu-sous-la-Roche[94]. Les premières vagues importantes arrivent dès le 10 mars 1793 à Nantes. Certains officiers, comme Haxo, n'appliquent pas les ordres de destruction et de tueries systématiques et respectent les ordres d'évacuations des populations jugées républicaines. » Voir Jean-Clément Martin, Guerre de Vendée, dans l'Encyclopédie Bordas, Histoire de la France et des Français, Paris, Éditions Bordas, 1999, p 2084, et Contre-Révolution, Révolution et Nation en France, 1789-1799, p.218. Seul le prince de Talmont traverse la Loire avec 4 000 hommes pour s'emparer de Varades et assurer à l'armée une retraite vers la Bretagne en cas de défaite. Les Vendéens tentent de couper la retraite des républicains mais Lescure et Charette enfreignent le plan et préfèrent attaquer Montaigu et Saint-Fulgent. Restés sur la rive sud de la Loire, les Vendéens la franchissent puis hésitent : doivent-ils prendre Tours pour marcher sur Paris, ou assurer leurs arrières en prenant Angers puis Nantes ? De son côté Stofflet affronte Leigonyer à Coron mais il doit à son tour battre en retraite sur Mortagne après trois jours de combat[69]. » Il ajoute que « les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l'ait préalablement ordonné. Les survivants, dispersés en petites bandes se cachent dans les bois du Maine, de Haute-Bretagne ou du Morbihan, appuyés par une partie des populations locales. Plus au nord, le général Beysser sort de Nantes le 20 avril avec 3 200 soldats[75]. En Normandie, au moins 43 condamnations à mort sont prononcées à Granville par une commission militaire[137], 13 personnes sont condamnées à Coutances[138], tandis qu'à Alençon le tribunal criminel condamne 189 personnes à la peine de mort, dont 172 prisonniers vendéens[139]. Des nobles rejoignent l'armée à l'image du comte de La Rochejaquelein ou du marquis de Bonchamps, ainsi que le royaliste Charette de La Contrie. Elle avait gardé ses positions fortes, de tradition depuis le XIXe siècle, à l'Académie française (dans le sillage de Pierre Gaxotte) ou dans les bibliothèques des gares. Ces conclusions sont rejointes par les travaux du sociologue américain Charles Tilly, pour qui la croissance des villes françaises du XVIIIe siècle, l'agressivité économique de celles-ci et leur tendance à accaparer le pouvoir politique local ont suscité des résistances et des haines paysannes, dont l'insurrection vendéenne n'est qu'un exemple exacerbé[11]. 22. Au début des années 1950, Marcel Faucheux soutient que les causes profondes de l’insurrection sont à chercher bien au-delà de la constitution civile du clergé, de l'exécution de Louis XVI ou de la levée en masse, qu'elles doivent être reliées à ce qu’il nomme le « paupérisme Vendéen ». Elle est très nombreuse et systématiquement éloignée du théâtre des opérations. De même, parmi ceux qui ont refusé d'adhérer à la thèse du génocide, on compte le Gallois Julian Jackson, professeur d'histoire moderne à l'université de Londres[386], l’Américain Timothy Tackett, professeur à l'université de Californie[387], l’Irlandais Hugh Gough, professeur à l'université de Dublin[388], les Français François Lebrun, professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Haute-Bretagne-Rennes II[389], Claude Langlois, directeur d'études de l'École pratique des hautes études, directeur de l'Institut européen en sciences des religions et membre de l'Institut d’Histoire de la Révolution française[390], Paul Tallonneau[391], Claude Petitfrère, professeur émérite d'histoire moderne à l'université de Tours[392] ou Jean-Clément Martin, professeur à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne[393]. Cette 10e édition sera consacrée aux territoires, aux différentes régions françaises. Appliquant l'approche de la microhistoire à trois paroisses des Mauges entre 1750 et 1830, au cœur de la « Vendée-militaire », Anne Rolland-Boulestreau offre un tableau de la notabilité locale à la veille de la Révolution (gros métayers à Neuvy ou au Pin-en-Mauges, membres du monde du commerce à Sainte-Christine), une notabilité fondée sur la reconnaissance publique : ses membres occupent des fonctions publiques (les Cathelineau sont sacristains de père en fils), servent de caution morale devant notaire et sont souvent choisis comme témoins lors des mariages. À Saumur, 1 700 à 1 800 personnes sont emprisonnées, 950 sont exécutés par les fusillades ou la guillotine, 500 à 600 périssent en prison ou meurent d'épuisement[170]. Pour lui, « ce vocabulaire inadapté est une vieille ruse idéologique de l’extrême droite pour calomnier la Révolution française et banaliser les génocides bien réels du XXe siècle »[381]. Cholet n'est resté que deux heures aux mains des Vendéens, néanmoins, l’événement retentit jusqu'à Paris et provoque la colère du Comité de salut public qui menace Turreau. Seules quelques villes indispensables à la marche des troupes doivent être préservées. Le général Jean-Baptiste-Camille de Canclaux, commandant en chef de l'armée des côtes de Brest, planifie alors une nouvelle offensive devant être lancée depuis Machecoul, Palluau, Challans et Saint-Colombin, par quatre colonnes commandées respectivement par Beysser, Boulard, Baudry d'Asson et Laborie[96]. Ils veulent mettre à bas une Révolution qui a destitué leurs prêtres et semble ne pas avoir tenu ses promesses. Le contexte sanitaire a affecté l’économie et le tourisme. Si le retour est autorisé aux porteurs d’un certificat de civisme dès octobre 1794[326], il n’a réellement lieu que dans les zones calmes, encore rares. Cholet est ainsi reprise le 17 octobre 1793. Enfin, l'alphabétisation y est plutôt faible, par rapport au nord et à l'est du pays, avec 10 à 20 % des conjoints sachant signer leur nom[17]. Malgré la promesse de Haxo, considéré comme un officier loyal, ils sont tous fusillés sur l'ordre des représentants en mission Prieur de la Marne, Louis Turreau et Bourbotte. Les décisions arrêtées marquent une volonté d'apaisement et une recherche de composition avec la République[280],[261]. Ces biens ont été accumulés au cours des siècles grâce aux legs des membres de la communauté. : Guerre de Vendée), engem Biergerkrich tëscht den Unhänger an de Géigner vun der Revolutioun, vum Joer I bis zum Joer VI.. Wéi iwwerall a Frankräich koum et tëscht 1789 a 1792 zu Opstänn vun der Landbevëlkerung. Sur le plan politique, la Vendée se distingue, depuis la Révolution, par une fidélité politique aux mouvements politiques conservateurs[314],[315]. Le 12, devant la Convention, Barère dénonce une « barbare et exagérée exécution des décrets », il reproche au général d'avoir incendié des villages paisibles et patriotes au lieu de traquer des insurgés[179]. Le clergé réfractaire vendéen commence alors à se démarquer de l'insurrection et à œuvrer en faveur de la pacification[277],[261]. Confronté à une mémoire vive et impérieuse, il est conduit à déconstruire mythe ou légende et à remettre ainsi en cause l'exploitation du passé par le présent. Le 8, il prend La Mothe-Achard, quartier général de Joly, puis entre le 9 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sans rencontrer de résistance[71]. La consigne est de passer au fil de la baïonnette tous les rebelles « trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises, » ainsi que « les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. 16:54 – La révolte de la France périphérique ? Fin 1796, le général Danican reprend le bilan de Hoche en ajoutant que la République a perdu 200 000 hommes en Vendée[328]. Enfin, dans le no 40 du 24 février 1796, en réponse à une lettre d'un capitaine de l'armée de l'Ouest[359], il s'enhardit jusqu'à placer, selon le mot de Mathiez, « sa propre doctrine sous l'égide de Robespierre et de Saint-Just ». Petite monnaie caricaturale des réflexions de François Furet, l'image d'une révolution totalitaire, antichambre du Goulag fait florès. Le bilan de la guerre est lourd en Vendée. Dans le contexte du bicentenaire de 1789, puis de 1793, l'emploi du terme génocide est ainsi au centre d'un débat intense car il est un enjeu pour ceux qui veulent démontrer que « la révolution […] à toutes les époques et sous toutes les latitudes serait dévoreuse de libertés » »[415]. À la suite de ces échecs, Canclaux donne l'ordre de repli général sur Nantes, Clisson est évacuée et incendiée. Les malades, les vieillards, les enfants, leur famille proche et leurs domestiques sont exemptés de l’éloignement, ainsi que des artisans spécialisés utiles à l’armée[320]. Autour de Châtillon et de Bressuire, une zone globalement homogène de refus se distingue. Le général Lescure est grièvement blessé, et les Vendéens, battus, évacuent la place et se replient sur Beaupréau. Le 22 août, une flotte de 123 navires sous les ordres du commodore Warren sort de Portsmouth[263] avec à son bord 5 000 soldats britanniques[264] commandés par le général Doyle[263] et 800 émigrés[264] emmenés par le comte d'Artois[263]. Toutefois, selon lui et sans donner les preuves de l’affirmation, la Vendée aurait été non seulement une révolte de grande étendue, mais également un instrument entre les mains des Montagnards dans leur lutte contre les Girondins avant le 2 juin 1793. ». A Nantes, un tribunal révolutionnaire est créé avec à sa tête Jean-Baptiste Carrier. La population soutient les insurgés, il faut donc la faire payer : telle est l'idée qui ressort de la contre-attaque du gouvernement. Au terme de la Virée de Galerne, la victoire républicaine est désormais acquise, sur les 60 000 à 100 000 Vendéens ayant franchi le fleuve, 4 000 seulement ont réussi à retraverser la Loire, 50 000[127] à 70 000[128] sont morts et 20 000 ont été faits prisonniers. Une deuxième guerre de Vendée éclate entre 1795 et 1796. Comme le mot « génocide », forgé par Lemkin en 1944, il est employé pour désigner une forme de crime dont l'appréhension est inédite[350]. Le 23 avril, un détachement réoccupe Challans[77]. Dans le Pays de Retz, les colonnes de Haxo attaquent l'armée de La Cathelinière, celui-ci se retranche dans la forêt de Princé mais, blessé, il est capturé le 28 février, avant d'être guillotiné à Nantes le 2 mars. Beaufou 1100 522. Le 20 mai, Charette, Stofflet et Sapinaud se réunissent au quartier-général de l'armée du Centre pour marquer leur réconciliation[242]. De son côté, en 1992, Jacques Dupâquier évalue les pertes républicaines à 30 000 morts[337]. Auréolé par sa victoire à Quiberon, Hoche reçoit le 14 septembre les pleins pouvoirs du Comité de salut public, qui interdit toute intervention des représentants en mission présents sur place[267],[274]. La grande majorité des victimes sont des Vendéens[161], on compte aussi des Chouans, des suspects nantais, généralement girondins ou fédéralistes, des prêtres réfractaires, des prostituées[162], des droits communs, ainsi que des prisonniers de guerre Anglais et Hollandais[162]. LOuest catholique et royaliste manifeste très tôt une vive opposition aux bouleversements créés par les événements révolutionnaires de 1789.